Un peu d’histoire

Situation et environnement. 

Située à la frontière nord-est du Perche, dans la canton de La Loupe, la commune compte 409 habitants en 2006. Son altitude varie de 260 mètres au lieu-dit de la « Guinière » à 200 mètres sur les bords de l’Eure. Celle-ci divi-se la commune en deux : au nord Saint-Germain sur un léger coteau et au sud Saint-Maurice sur le plateau de La Loupe. Les fo-rêts de Senonches et de « Montécot » bordent le territoire au nord et à l’est. L’habitat est assez diffus, réparti en vingt-cinq lieux-dits. Il est plus concentré dans le bourg de Saint-Germain et dans les hameaux qui longent la D 920 (les « Evêqueries », le « Pierré » et la « Couronne »).

Extrait de la Carte de Cassini (1753-1789) - Source IGN.

Les paroisses de Saint-Maurice et de Saint-Germain sont citées dès 1260 sous les noms de « Sanctus Mauricius de Galloto » et « Sanctus Germanus de Profunda Valle ». Cette dernière est progressivement rempla-cée par Saint-Germain « de l’Espine » puis « de l’Epinay » à partir du 15e siècle. L’attribut de la première paroisse « Gâloup » pourrait se référer à des prés marécageux, du germanique « watar lauth », celui de « Profondval » ou de l »‘Epinay » est dû à l’environnement proche du bourg. Les deux paroisses, qui comptent ensemble 250 communiants dans la première moitié du 18e siècle, sont rattachées en 1803.

 

Histoire et évolution de la commune.

Archéologie

Une voie romaine, dite « chemin ferré » ou « chemin de César » traversait la paroisse de Saint-Maurice-de-Gâloup. Elle menait de Chartres à Sées. Selon certaines sources, la commune abriterait aussi une vieille tourelle en ruine d’époque indéterminée.

Les bourgs

La commune de Saint-Maurice-Saint-Germain possède deux bourgs, conséquence de l’histoire des deux paroisses réunies seu-lement au 19e siècle. Ils sont situés de part et d’autre de l’Eure, le long de voies de com-munication secondaires et à proximité de leurs églises respectives. A l’exception de deux fermes, le bourg de Saint-Maurice est uniquement le centre religieux, administratif et civique de la commune puisqu’il abrite tant l’église, le cimetière et le presbytère que la mairie-école, le monument aux morts et le lavoir. Celui de Saint-Germain est plus im-portant mais garde un aspect diffus, sans mitoyenneté ni alignement sur la voie publi-que.

Détail des deux bourgs sur le plan dressé par l'instituteur en 1868 (AD 28 4 Fi 216). 

Patrimoine religieux

Les croix

On dénombre cinq croix sur la commune, deux « monumentales » et trois « de chemin ». Elles sont en bois ou en métal, montées sur des socles en silex et en brique. Aucune n’est précisément datée mais elles semblent remonter au début du 20e siècle voire au 19e siècle bien que leur présence puisse être antérieure.

L’église Saint-Germain

En 1803, la paroisse de Saint-Germain de l’Epinay est rattachée à celle de Saint-Maurice de Gâloup, entraînant l’abandon de l’église. Une croix monumentale a été dres-sée non loin des ruines de celle-ci et le culte de saint Germain reste présent dans l’icono-graphie de l’église Saint-Maurice.

 

Statues de saint Germain et de saint Maurice situées sur le maître autel de l'église Saint-Maurice.

 

L’église Saint-Maurice

La paroisse de Saint-Maurice est attestée dès le 13e siècle, elle compte alors 34 parois-siens. De son état ancien subsistent les contreforts en grison, une ouverture obs-truée, un pignon découvert et la charpente à voûte lambrissée en berceau. Elle fait l’objet de réfections et de remaniements au 19e siè-cle. En 1863, la marquise Pommereu d’Ali-gre fait don de terrains pour agrandir le ci-metière attenant à l’église et profite de ce legs pour faire construire une chapelle fami-liale accolée à la façade sud de l’église. En 1875, le conseil municipal prend la décision de restaurer la toiture de l’église qui s’affais-se sous le poids du clocher en bardeau de bois. Un nouveau clocher-porche est cons-truit en 1897 par l’entrepreneur M. Mounet sur des plans de l’architecte M. Vaillant.

 

Dessin de l'église extrait d'un projet d'une nouvelle mairie-école à St-Maurice-St-Germain (1853—AD28 2 O 3080).
 

Patrimoine public

Les écoles

En 1850, la commune signale qu’elle n’a plus ni école ni presbytère depuis plus de cinquante ans et acquiert à cet effet l’ancien presbytère. Trois ans plus tard le conseil municipal prend la décision de consacrer cette maison uniquement à son ancien usage et de construire dans le jardin une nouvelle maison d’école et mairie. Les travaux sont exécutés par M. Michon, entrepreneur à Se-nonches. La cour des garçons se situe devant la façade principale au sud et celle des filles au nord. 

Extrait du projet de la nouvelle mairie-école de  St-Maurice-St-Germain (1853—AD28 2 O 3080).

Le monument aux morts

Le monument aux morts de la guerre de 1914-1918 a été édifié sur décision du conseil municipal selon un plan dressé en 1923. Il a été réutilisé pour la guerre de 1939-1945 puis dé-placé en face de l’église au début du 21e siècle. On trouve à proximité une stèle portant une reproduction de l’appel lancé par le général de Gaulle le 18 juin 1940.

 

 

 

Pompes à eau

Dans la deuxième moitié du 19e siècle et le premier tiers du 20e siècle, la commune fait construire une dizaine de puits avec pompes dans les deux bourgs et dans plusieurs lieux-dits. Celles situées aux lieux-dits de l’ »Hermitterie », de la « Guerpinerie » et de la « Cour Lozon » sont encore visibles. Il s’agit de pompes à chapelet qui portent toutes sur elles inscrit le nom du serrurier-fabricant : « A. Aubry. Brou E.I. ».

 

 

Extrait des coupe et élévation des puits avec pompe 
de St-Maurice-St-Germain (Mithouard 1939—AD 28 2 O 3083).

 

Artisanat

Les moulins

La commune est traversée par l’Eure, sur laquelle se trouvaient deux moulins men-tionnés dès le 18e siècle sur la carte de Cas-sini, l’un en amont sur la rive droite en contrebas de Saint-Maurice, l’autre en aval sur la rive gauche, aux Vaux, anciennement sur la paroisse de Saint-Germain. Au milieu du 19e siècle, ils sont la propriété des mar-quis d’Aligre.

Patrimoine rural

Les caractéristiques générales

Le bâti rural de la commune est largement dominé par une maçonnerie en moellon de silex. Une partie des murs est cependant soit masquée par un enduit, soit en pan-de-bois, en pisé, en brique ou en grison. Les toitures sont majoritairement à longs pans, couvertes en tuile plate. En brique, les encadrements des baies ont des arcs surbaissés, pour la moitié ornés de motifs « crénelés ». Les chaî-nages d’angle sont surtout en brique mais le grison est aussi très présent. Des corniches et des bandeaux en brique se retrouvent en façade des fermes et des maisons.

La typologie des fermes

Sur les 52 fermes repérées, 39 sont antérieu-res à 1833, date à laquelle est dressé le ca-dastre napoléonien. Il est probable que cer-taines soient plus anciennes. Peu d’éléments permettent de l’affirmer à l’exception de quelques structures en pan-de-bois ou en pisé, de la présence de brique artisanale ou de roussard. Un quart des 52 fermes se situe en village, les autres étant en majorité en écart et parfois isolées.

Le type de ferme le plus courant est la « ferme bloc à terre » ou longère, qui abrite sous un même toit le logis et les parties d’ex-ploitation. Elle se décline sous plusieurs for-mes : simple, augmentée en longueur, en vis-à-vis, en équerre ou en « U ». Les bâtiments, accolés ou non, sont disposés à deux excep-tions près autour de cours ouvertes. On trou-ve quelques cas de fermes avec un logis in-dépendant. Les fermes sont toutes en rez-de-chaussée et vingt d’entre elles sont augmentées d’un comble à surcroît. Quelques fermes plus im-portantes ont des façades principales soi-gnées, ornées de lucarnes-fronton ou d’oculi.

Les maisons de village

Les bourgs de la commune comptent plus de fermes que de maisons, ce qui explique le peu de maisons repérées (18). Parmi elles, seulement 7 sont présentes en plan sur le cadastre de 1833. On observe que les mai-sons antérieures à cette date sont toutes en rez-de-chaussée. Celles construites au 19e siècle ont pour certaines un comble surélevé et se situent principalement dans les écarts et le long de la D 920 (route de Chartres à La Loupe). Les maisons ont en général entre deux et quatre ouvertures en façade princi-pale. Seule l’une d’entre elles, à la « Couronne » possède une façade ordonnan-cée ornée de briques décoratives émaillées.

 

 

 

SOURCES:
Solenne BILLARD
Stagiaire Inventaire du patrimoine bâti
Laetitia CASSES
Chargée d’études Inventaire du patrimoine bâti
l.casses@parc-naturel-perche.fr
PARC NATUREL REGIONAL DU PERCHE
Maison du Parc
Courboyer
61340 NOCE
Tél.: 02.33.85.36.36
Fax.: 02.33.85.36.37